The Divide

je détesteAprès une attaque nucléaire, huit personnes se réfugient au sein d’un abri anti-atomique tenu par un cinquantenaire psychotique et parano. Pour Xavier Gens, auteur de l’ultra-violent Frontière(s), c’est un script en or massif. Cantonné au film de genre (La Horde, Lady Blood, Hitman), l’homme s’est rapidement fait une réputation de metteur en scène sans limites. Pour sa nouvelle réalisation, sortie directement en vidéo, les frontières prennent la forme des murs d’un abri tenu par le revenant Michael Biehn, inoubliable John Connor du premier Terminator.

Enfermée là, sans possibilités de s’échapper, cette galerie d’acteurs de seconde zone subit l’autorité du seul acteur au CV respectable. Ce dernier, méfiant, parano, semble être leur seule chance de survie. Malheureusement, comme dans tous mauvais huit clos, tout le monde se gueule dessus, chacun s’épie et la zizanie contamine peu à peu l’ensemble du groupe. Pourtant, à contrario de ce qu’il pourrait un premier temps laisser penser, The Divide se pose comme un pur huit clos de science-fiction : munis de combinaisons, d’étranges individus introduisent l’abri et kidnappent l’enfant présent. Pour le moins intrigante, cette parenthèse SF se referme très vite et n’a que peu à voir avec la véritable essence dont est imprégnée ce drame psychologique.

Car bien vite, les choses dégénèrent. Refusant l’autorité de l’inquiétant Mickey, enfermé à l’intérieur par une porte soudée de l’extérieur, ce petit monde s’affole progressivement. «Le film est une relecture de sa majesté des mouches, mon intention était de montrer à quel point, si vous enfermez les gens ensemble, ce petit microcosme peut virer à la société fascisante.» explique le cinéaste. Renforcé par ses recherches, résultats d’expériences d’enfermements dans les années 50, le metteur en scène se lâche complètement et offre sa propre vision de la réclusion : torture, viol, démembrement d’un cadavre, meurtre, humiliation, tout y passe. Gens a beau citer les grands écrivains «Mon film prend la thématique de Sartre dans son livre huit-clos qui explique que l’enfer, c’est les autres» il est loin d’atteindre leurs subtilités. Et même si on comprend ses thématiques, expositions animales du genre humain, on adhère moins aux méthodes qu’il emploie pour les démontrer. Vulgaire, dérangeant, ignominieux, The Divide est une proposition de cinéma dont le rejet de greffe est totale. Assister à la dégradation mentale de personnages aussi faiblards exclue de fait l’émotion en substitution d’un sadisme outrancier mise en scène au mixeur. D’une laideur terne, poussiéreuse, digne d’une mauvaise série B, le métrage, voulu viscéral, expérimental, désespéré, est en réalité d’une banalité qui rappelle les trois quarts des huis clos de ces dix dernières années. Lui qui les aime bien, on conseille à Gens de faire une expérience : arrêter le cinéma. Chiche ?

The Divide : De Xavier Gens (2011)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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