L’Inévitable Catastrophe

je détesteÉnième film catastrophe des années 70, l’inévitable catastrophe porte à merveille son ridicule titre français. Attitré d’un budget conséquent de 21 Millions de Dollars, il réunit, comme d’habitude chez le cinéaste, un casting impressionnant : Michael Caine, Katharine Ross, Henry Fonda, Richard Widmark, Richard Chamberlain. Une distribution probablement attirée par le cachet plus que par la lecture du scénario, qui en ferait fuir plus d’un. Reconnaissons au moins ce talent au réalisateur, il sait convaincre, notamment en mettant en avant les retombées financières d’une présence au sein d’un genre très en vogue à ce moment là. C’est le seul talent qu’on lui reconnaîtra, pour le reste Irwin Allen est un incapable.

Son scénario, d’une pauvreté stupéfiante, met aux prises un gigantesque essaim d’abeilles au cœur de plusieurs villes du Texas. On sent bien l’opportunisme du metteur en scène, après la tour en feu, le bateau qui coule, voilà les abeilles tueuses. Il poursuivra d’ailleurs son entreprise catastrophe un an plus tard avec la suite du secret du Poséidon avant d’envoyer, en 1980, Paul Newman et William Holden près d’un volcan (le jour de la fin du monde). L’attrait de la nouveauté, sûrement, a permis à ces films d’une qualité inexistante de financer les autres. En ne rapportant que la moitié de ce qu’il avait coûté, l’inévitable catastrophe n’y participera pas et emboitera le pas d’un genre qui ne fera plus recette au cinéma. L’accident industriel, incontestable, en porte toutes les preuves à l’écran. Impuissant à raconter quoi que ce soit, Allen se limite à alterner les scènes d’attaques d’abeilles avec les conversations insipides de militaires s’agitant à résoudre un problème qui les dépasse. La présence de Michael Caine ne résout rien, elle tient autant du pot de fleur que celle de Fonda tient de l’hommage. Katharine Ross ne fait pas mieux, en résumé personne ne sait ce qu’il fait là, le spectateur non plus. Si seulement c’était court, mais en plus d’être affreusement mauvais c’est interminable ! Près de deux heures d’une mise en scène soporifique incapable de nous faire ressentir le moindre frisson ou la moindre intensité. On assiste, hagard, à du vide cinématographique qui nous tient difficilement éveillé. Café recommandé.

Vous l’aurez compris, l’inévitable catastrophe prévenait du massacre dès la lecture de son titre. Comme bien d’autres ratages, l’œuvre d’Allen résume la médiocrité des productions qui ont surfé sur la vague du film catastrophe durant les seventies. Du très mauvais cinéma, sans idées, pas filmé, mal interprété, définitivement à oublier.

L’Inévitable Catastrophe : D’Irwin Allen (1978)

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