Mad Max

J'aimeProduction la plus rentable de l’histoire du Xxe siècle, Mad Max est une œuvre culte qui aura lancé de nombreuses carrières. Celle de George Miller, notamment, affublé, pour sa toute première réalisation, d’un budget rachitique de 350 000 Dollars qu’il rentabilisera 250 fois ! Une prouesse incroyable qui doit beaucoup à son talent ainsi qu’à Mel Gibson, dont le tout premier long métrage lancera sa carrière internationale. La révélation des deux hommes y est pour beaucoup mais ne fait pas tout, Mad Max est une œuvre relativement bien réalisée qui aura su, de rien, retranscrire une atmosphère, une ambiance, une énergie. Formellement pessimiste, l’univers louvoie entre la dystopie et le post-apocalyptique, la société imaginée rendant compte d’une situation de crise où la majorité des états seraient rentrés en guerre pour le pétrole. A l’écran, malgré l’évidence de la série B, tout est crédible : l’excellente BO de Brian May aidant, on est constamment mal à l’aise, durablement convaincu que le chaos règne dans tout le pays. Sentiment renforcé par les nombreuses scènes de poursuites, survoltées, où s’affrontent forces de police et motards déjantés le long des interminables routes désertiques qui jalonnent des paysages de fin du monde.

D’ailleurs critiqué pour son ultra-violence, le montage connu une censure dans de nombreux pays, notamment en France où, classé X, son réalisateur dû se résoudre à édulcorer certains passages avant d’obtenir, grâce au succès de sa suite, son director’s cut. Son visionnage laisse toutefois perplexe, aujourd’hui déconseillé aux moins de 16 ans Mad Max ne présente aucunes scènes de violence qui puisse justifier un tel classement, car loin d’être choquant le film se targue cependant d’installer un climat qui dérange, qui perturbe, qui marque par sa noirceur, son nihilisme. D’où le succès, probablement, qui brasse des thèmes de revanche, de violence, de bolides, de vitesse, pour résumer : de testostérone. Cette anarchie ambiante, symbolisée par la bande de motards, offre quelques scènes explosives : la course poursuite d’introduction, très maîtrisée, envoie du lourd dès le début ; puis la scène finale, assez bâclée, reste néanmoins assez jouissive. De manière générale Miller donne l’impression d’une course à cent à l’heure, gonflée à l’adrénaline, qui ne s’arrête jamais mais qui souffre d’une certaine linéarité.

En effet, aussi droite et routinière qu’une autoroute, le scénario de George Miller ne surprend guère. Écrit sous le modèle du western contemporain tout reste prévisible et rarement l’histoire ne déviera de sa prévisible trajectoire. Pour autant le script n’est pas mauvais mais hormis Mel Gibson, très charismatique, rien ne vient le soutenir. C’est que le reste du cast tient difficilement la route : le leader des motards, sosie du chanteur M, surjoue et grimace toutes ses scènes, ses compères aussi. Notons au passage que le choix du distributeur Américain de redoubler entièrement tous les dialogues rend les conversations, les voix assez ridicules, ce qui n’aide pas du tout la crédibilité de certains personnages. En dépit de tous ces défauts, Mad Max reste une œuvre qui se démarque par son énergie, sa folie, son ambiance. Fait de bric et de broc, son cinéaste réussit une première œuvre culte qui lancera sa carrière, celle de Mel Gibson ainsi qu’une franchise à trois épisodes. Qui a dit que les premières fois étaient toujours difficiles ?

Mad Max : De George Miller (1979)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s