Les Damnés

J'aimeAdapté d’un roman de H. L. Lawrence, Les Damnés est une réalisation bien étrange qui circonspect tout son monde. Car bien malin celui qui aura deviné les enjeux dramatiques principaux d’un scénario qui met une bonne heure (sur 1h40) à dévoiler sa véritable intrigue. Ça commence comme un film de loubards : on est Grande-Bretagne dans les années soixante quand surgit un groupe de blouson noir accompagné d’une belle demoiselle. La bande racket un passant avec l’aide de la fille qui en tombe amoureux. Pour peu on se croirait dans West Side Story ou dans la fureur de vivre : mêmes histoires mélodramatiques, mêmes affrontements sous un air de musique (ici «Black Jacket» chanté à tu tête), même bande juvénile. Le film se destine à ça, la demoiselle fuit la bande de son frère en bateau avec son nouvel aimant : elle recherche la liberté, un homme à épouser. Le début est plutôt énergique, très bien dialogué mais peine pourtant à clarifier vers quoi il se dirige. Cherchons à comprendre : blousons noirs, demoiselle en détresse, énigmatique sculpteure de pierre, maison aux oiseaux sur une colline, c’est un film de… science fiction ! Mais c’est bien sûr, évidemment. Parce que oui, cette colline mystérieuse contient en fait une base militaire habitée par neuf enfants radioactifs ! Ba tiens.

Contextualiser une œuvre de science fiction est une bonne idée, contextualiser un mélo près d’une heure pour balancer une intrigue fantastique aussi énorme en plein milieu, ça passe moins. Losey ne maîtrise manifestement pas son sujet, cette histoire invraisemblable renvoie à son remake, celui de Carpenter : Le village des Damnés. Sauf que le maître de l’horreur avait su directement installer ses enjeux, Losey les foire complètement. La dernière demi-heure s’enlise dans le grand n’importe quoi et enchaîne les scènes ridicules (celle des militaires en combinaisons pourchassant les enfants est assez risible). cela se termine dans l’interrogation la plus totale, l’incompréhension la plus diffuse, le nihilisme le plus absolue. Tout le contraire, en somme, de la première partie. Perturbant, étrange, déroutant, inégal, Les Damnés n’a que peu avoir avec le reconnu remake de Carpenter. Bien moins maîtrisé, le métrage de Losey est un semi-échec qui a pour lui de ne ressembler à rien d’autre. C’est déjà ça.

Les Damnés : De Joseph Losey (1963)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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