M.A.S.H

J'aime beaucoupClassé 54e meilleur film Américain de tous les temps par l’American Film Institute, M*A*S*H (Mobile Army Surgical Hospital) est une comédie qui rencontra de nombreux problèmes. Tourné durant la guerre du vietnam, le scénario de Ring Lardner Jr subit les foudres de l’institution militaire Américaine. La réaction était logique, l’interdiction un peu moins. On pourra toutefois difficilement nier le caractère satirique de l’œuvre de Robert Altman car, oui, le monde militaire est caricaturé et, oui, l’armée n’en sort pas grandie, mais l’intention est tout autre. Dans un contexte international difficile, M*A*S*H ne prend pas de gants et n’hésite pas à détourner l’image du soldat Américain. Chez Altman c’est un ivrogne misogyne, un infidèle, un voyeur qui humilie les autres et accepte mal l’homosexualité, chez Altman c’est un macho. Le cinéaste arrive pourtant à nous le rendre crédible et attachant, le macho de M*A*S*H c’est plus ou moins l’idée inconsciente qu’on se fait du soldat Américain. Derrière la caricature se cache le véritable portrait du combattant en temps de guerre.

On est pourtant loin d’un Apocalypse Now ou d’un Platoon, le sérieux de ces chef d’œuvres contraste pleinement avec le grand n’importe voulu par le cinéaste. Le paradoxe est réfléchi, calculé, M*A*S*H est une des premières œuvres à tourner en dérision un sujet particulièrement sensible, celui de la Guerre. Le réalisateur parvient néanmoins à nous le faire oublier, le camp de guerre donne l’impression de laisser place au camp de vacances, les personnages s’amusent, baisent, se font des farces, jouent au poker, se donnent des surnoms, s’affrontent au football. L’empathie devient générale, le rythme des gags suit celle des dialogues, Altman met en scène une dynamique de groupe qui n’aura cesse de s’intensifier, il épouse le tempo de la sitcom pour mieux en tirer l’essence télévisuelle. Qui s’étonnera de savoir que, trois ans plus tard, M*A*S*H accoucha d’une série télé du même nom ? Pas grand monde. Après sa palme d’or à Cannes en 1970, le film ne remporta, sur 5 nominations aux Oscars, qu’une récompense : celui du scénario. Une belle victoire qui, au vu du contexte, force l’admiration. Il faudra attendre vingt six ans pour voir MASH figurer à la bibliothèque du Congrès en tant que jalon culturel de l’histoire Américaine. Cette année là, aucune institution militaire ne s’y opposa. Sûrement trop occupé à regarder la série favorite des Américains. On vous laisse deviner laquelle.

M.A.S.H : De Robert Altman (1970)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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