Le Dictateur

J'aimeChef d’œuvre reconnu de l’histoire du Cinéma, Le Dictateur concentre toutes les qualités apparentes du grand film tel qu’on le considère communément. De par sa vision satirique du IIIe Reich il porte un regard avant-gardiste sur la deuxième guerre mondiale. De par son discours dénonciateur il pousse l’Amérique à entrer en guerre et avise sur les dangers du nazisme grandissant. Lanceur d’alerte, Chaplin provoqua un tollé mondial qui eut des répercussions autant en Amérique, qui voyait d’un mauvais œil ce discours va en guerre, qu’en Allemagne, qui n’apprécia que peu de voir le régime tourné en ridicule. Les remous étaient prévisibles, feindre le caractère engagé du cinéaste aurait été une erreur, Le Dictateur doit son existence à sa raison d’être : provoquer. Il le fait admirablement, la caricature faite du Kaiser provoque l’hilarité, l’amusement. Le portrait du régime tourne en dérision les hommes qui l’a composent : soldats, généraux, lieutenants, dictateurs, tous y passent. On pense aux scènes où Hynkel aboie de façon véhémente des tirades incompréhensibles qu’un traducteur retranscrit succinctement.

Les paradoxes sont nombreux chez Chaplin, l’absurde est sa meilleure arme pour dénoncer ce qui le tient à cœur. En cela, il est compliqué, des années après, de critiquer de l’aspect pamphlétaire qui en fait son essence même. Pourtant il est difficile, sans forcément se référer à une époque, comme la notre, qui s’est vu fortement sensibilisée à l’histoire de la seconde guerre mondiale, de ne pas comparer Le Dictateur à un autre chef d’œuvre qui avait tout autant pointé du doigt les dérives totalitaires du régime nazi : Jeux Dangereux. Le film de Lubitsch, sorti en 1942, tient facilement la comparaison et renvoie Chaplin à une naïveté cinématographique certaine. Sans critiquer l’œuvre de ce dernier, il est flagrant de voir que le cinéaste Allemand avait, avec une plume bien plus mordante, su moquer les travers du national-socialisme.

Le film de Chaplin est inventif mais manque d’ambition dans son écriture, il porte en lui l’engagement qui affaiblit sa créativité et délaisse, à trop vouloir concrétiser ses aspirations idéologiques, son ambition humoristique. On sourit trop, on ne rit pas assez. Le discours final, pleins de bons sentiments, porte le poids symbolique de l’histoire mais n’échappe pas aux soupirs d’aujourd’hui. Un tort, sûrement, mais l’époque ne justifie pas tout, Lubitsch avait su s’en prémunir, le cinéaste l’avait compris. L’Histoire raconte toutefois qu’Hitler, après avoir fait interdire le film, se procura une copie et se le fit visionner deux fois. Chaplin, en apprenant la nouvelle, ne pût cacher son irréalisable envie de connaître l’opinion du Kaiser. On le comprend car Hitler, en appréciant le film, aurait mis tout le monde d’accord.

Le Dictateur : De Charlie Chaplin (1940)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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