Fitzcarraldo

J'adoreKlaus Kinski – Werner Herzog, 4e ! Ensemble l’acteur et le cinéaste Allemand vont tourner 5 films, assez pour qu’on associe les deux personnages comme représentants majeurs du nouveau cinéma Allemand des années 60-70. Ce courant cinématographique, né de la RFA, se démarqua clairement du film de divertissement au profit du cinéma d’auteur. Bien que tourné en 1982, Fitzcarraldo poursuit l’ambition de cette nouvelle vague au désir auteuriste indéniable. Ainsi, à la manière, dix ans avant lui, d’Aguirre la colère de Dieu, Herzog fait à nouveau le portrait d’un homme fou dont l’ambition artistique dépasse sa condition humaine. Passionné d’opéra, expert en caoutchouc, avide d’exploration et fasciné par les territoires vierges de l’Amazonie, Klaus Kinski campe le personnage vrai de Fitzcarrald, baron péruvien du caoutchouc dont le réalisateur s’est inspiré pour raconter son récit. Le choix n’est pas innocent, décider d’une figure charismatique, ambitieuse, entrait dans les plans du réalisateur d’opposer la volonté d’un homme à des forces qui le dépassent. La métaphore théologique du rapport à la nature prend tout son sens lorsque Kinski, dont la présence christique fascine, entreprend l’idée folle d’élever son bateau à travers la montagne qui le sépare de son rêve.

On comprend pourtant très vite qu’il s’agit d’autre chose, le pari fou de Brian Sweeney Fitzgerald n’est qu’une allégorie de la relation qu’entretiennent les hommes avec leurs aspirations métaphysiques. Dans son acharnement, Fitzcarraldo mène une quête mythologique dont il se sent investi, comme porté par un dessein dont il ignore l’existence. Avec lui vogue le bateau de l’impossible, Herzog met en scène le voyage comme une expérience sensorielle où se mêlent les plus beaux paysages et les sons d’opéras, les bruits naturels et la poésie, la lumière et le fleuve. Le résultat est d’autant plus incroyable quand on connaît les épouvantables conditions de tournage : la nourriture arrivait par avion, un guide s’est tronçonné la jambe après une morsure de serpent, deux des plus grosses pluies du siècle se sont abattus sur l’équipe de tournage, les indigènes occupaient le plateau, l’ex acteur principal (jason robards) subit une dysenterie. Une malédiction qui n’évoque pas la boue, les insectes ou les conflits avec les indiens.

Au prix de trois ans d’un projet aussi impossible que celui qu’il met en scène, Werner Herzog réalise un grand chef d’œuvre qui marque à jamais. Signé d’une réalisation à la mise en scène virtuose, à l’ambiance particulière et à la photo somptueuse, Fitzcarraldo est une œuvre a part qui joue du mystère qui l’entoure. Naviguant entre réalité, fiction et onirisme, le cinéaste prolonge la poursuite chimérique d’Aguirre tout en laissant planer une existentielle question : Qui de Fitzcarrald ou d’Herzog se prend vraiment pour Dieu ?

Fitzcarraldo : De Werner Herzog (1982)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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