New York-Miami

J'aime beaucoupPionnier du mélo américain tel qu’on le connaît aujourd’hui, New York-Miami se situe précisément dans le sous genre de la «screwball comedy» : genre qui présente de façon comique des situations liées à la romance, la farce, autour d’une intrigue centrée sur des questions de mœurs. Le mariage fait ici office de sujet central, Capra présentant l’histoire d’une femme qui s’enfuit à quelques jours de sa cérémonie. Une fuite qui l’emmènera par prendre le bus pour New-York et qui finira par bouleverser l’ensemble de ses croyances autour de l’amour et de l’engagement. Le cinéaste, inspiré par la nouvelle «Night Bus» de Samuel Hopkins, joue constamment des codes de la comédie afin d’approfondir les thèmes indispensables à son récit mais sensibles à cette époque. L’ Amérique sera d’ailleurs choqué par une scène allégorique explicitant, à la façon de la scène finale de la mort aux trousses, une relation sexuelle. C’est en ce sens que le film sera reconnu, des années plus tard, comme historiquement important et culturellement vital, le traitement des thèmes liés aux mœurs ayant était fondateur au sein de la société Américaine des années 30.

Il faut reconnaître à Capra un sens aiguisé du récit mélodramatique, car en confrontant les personnages de Gable et de Colbert il synthétise toute la complexité des relations amoureuses, du désir naissant. Le bus et le road trip ne sont que des prétextes à une évolution psychologique qui met à mal les croyances, les préjugés de chacun. «Ne vous méprenez pas pour hier soir» lance Ellie. «Ne vous faites pas des idées» explique à son tour Peter Warne. Les personnages s’entrechoquent, se disputent, se vexent, tout indique pourtant les sentiments inverses (on les croit d’ailleurs mariés) mais aucun n’ose avouer à l’autre ce qu’il ressent. Les expressions «fuis moi je te suis, fuis moi je te suis» ou «qui aime bien châtie bien» n’ont jamais eus autant de consistances que chez Capra, le jeu de séduction qu’il dirige n’ayant qu’un seul but : mettre à mal les anciennes traditions américaines. Ceux qui y verraient une simple histoire d’amour sont dans l’erreur, New York-Miami est un bijou d’écriture à la subtilité métaphorique persistante. Capra a crée un genre, un esprit, une écriture, une œuvre intemporelle qui, malgré le caractère caduque de certains thèmes, se regarde toujours avec grand plaisir.

New York-Miami : De Frank Capra (1934)

Le film est disponible au téléchargement.
Mot de passe : nicolensois
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