After Earth

Je n'aime pasWill Smith est un homme à tout faire : à la fois acteur, chanteur, producteur ou scénariste il s’est converti, au fil des années, en véritable businessman à qui tout réussi. C’est dans la même logique que l’homme aux multiples talents s’est décidé à pérenniser l’entreprise familiale en faisant de ses enfants des produits commerciaux à destination du marché de divertissement. C’est ainsi que Willow Smith, 13 ans, officie déjà en tant qu’actrice et chanteuse, n’hésitant pas, dès 10 ans, à faire la première partie de la tournée de Justin Bieber. On se souvient aussi du frère aîné, Jaden Smith, au côté de son père dans ‘A la recherche du bonheur’ qui le confrontait à la misère dans le Chicago des années 80. Will Smith opère donc, à travers l’exposition manifeste de ses enfants, la relève inexorable de sa riche et fructueuse carrière. After Earth en est la nouvelle étape et porte le sceau de la famille Smith dans toutes ses composantes : Will est à l’écriture (l’idée du scénario vient de lui), à la production (sa femme, Jada Pinket Smith, aussi) et à l’interprétation (accompagné de son fils). Il va sans dire que le choix du réalisateur, très accessoire, n’a dû reposer que sur les garanties offertes à Will Smith d’appliquer son ambition cinématographique de passage de témoin. Car c’est ça dont il s’agit, la marque Smith est certes très forte mais qui mieux que le père pour faire émerger le fils ? After Earth se présente donc comme le passage de flambeaux d’une figure devenue à une autre en devenir.

Question cinéma ? C’est le néant. Shyamalan est trop concentré à mettre en valeur les relations surjouées de ses deux interprètes principaux pour nous proposer quelque chose. Sans idées, le cinéaste s’affaire à retranscrire le mièvre script auquel il a participé. Mêlant discours écologique, rapport au père, survival dans la nature, After Earth n’a rien à raconter et échoue à nous émouvoir. Gigantesque pot pourri, le film souffre du syndrome Oblivion : prendre des idées d’œuvres de SF, placer une tête d’affiche (ou deux), agrémenter d’effets spéciaux, puis secouer. Le résultat est écœurant, on navigue dans une évolution de jeu vidéo : atteindre un point A à un point B dans un temps imparti, en prenant compte de nos rations limités et du danger croissant. Un pitch intéressant sauf que, la manette en moins, c’est tout de suite moins prenant. Jaden Smith n’y est d’ailleurs pas étranger, sa tête à claque accompagnée de ses plaintes constantes finissent de nous énerver et nous empêchent une quelconque empathie pour ce personnage principal qui, malgré ses efforts de fils, reste dans l’ombre du père.

Auto-promotion familiale, After Earth n’a aucune identité cinématographique. Pleins de bons sentiments, surjoué, dénué d’émotions, prévisible, répétitif, les défauts pleuvent et personne n’est à l’abri. «On est en train de plier la branche jusqu’à ce qu’elle casse, explique Jaden Smith. Ma génération a conscience qu’il faut agir pour la préservation de l’environnement, et vite. Si on n’achetait plus de bouteilles en plastique, ce serait un bon début !» C’est mignon mais on a envie de lui demander : After Earth, c’est dans quelle poubelle ?

After Earth : De M. Night Shyamalan (2013)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s